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Le blog des rameurs de Marseille

Le blog des rameurs de Marseille

Rame traditionnelle estaque


La propulsion - La cohésion de l’équipage

La propulsion :


Le mode de propulsion est donc… la rame, merci pour ceux qui suivent. Les rames sont maintenant fabriquées en bois lamellé-collé et présentent une forme qui est restée très traditionnelle.

 

Elles se constituent schématiquement de 4 parties. La partie immergée (la pelle) est plate, longue et fine. Elle est prolongée par le fût de forme cylindrique et allongée de fort diamètre, puis du carré qui est donc… rectangulaire, puis de la poignée, cylindrique également mais de plus faible diamètre pour permettre la préhension avec les deux mains côte à côte.

 

La rame est fixée au tolet (une pièce verticale en inox qui dépasse du liston) par un cordage au cheminement spécifique, spécialement conçu pour retenir la rame sans gêner son mouvement. (Pour les spécialistes, on pourrait décrire l’assemblage comme un noeud de cabestan (fixe) et un nœud de grappin (réglable) séparés par un long dormant.

 

La forme particulière de la rame est due à la présence du carré. Cette partie sert d’une part à équilibrer l’ensemble pour que le poids de la pelle ne soit pas excessif et fatigant, d’autre part à empêcher que la rame ne glisse vers l’extérieur sous son poids et la pression de l’eau et enfin à éviter la rotation du bout’ (cordage) autour du fût et par conséquent de la poignée dans les mains du rameur. Rassurez-vous, on attrape quand même des ampoules !

 

 

 

 

 

Avant

 

 

Après ...

 

 

(Merci au Tchôa qui nous a prêté ses mains)

 



La cohésion de l’équipage :


La plus grande difficulté est donc de faire avancer le bateau dans le bon sens, c'est-à-dire… vers là où regarde le barreur ! Au début ça peut surprendre parce qu’on ne voit pas où on va quand on nage/rame, mais on s’habitue assez vite à discuter avec son voisin de banc et à commenter les grains de beauté du dos qu’on a devant soi.

 

Pour que tout le monde fasse le nécessaire à la bonne marche, il y a 5 règles d’or à respecter :

 

La première, c’est de faire ensemble, sinon c’est la soupe aux avirons ! La solution, c’est de nager au même rythme que celui qui se trouve devant soi. Le premier du banc tribord est le chef de nage. Son voisin de droite (puisqu’il est à bâbord) le regarde et suit son rythme et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ça implique d’avoir un chef de nage qui connaît son boulot et qui est capable de tenir le rythme. (En général je suis chef de nage… ! ).

 

La deuxième règle d’or, c’est de savoir s’arrêter. En effet, si on démarre et qu’on ne connaît pas la technique pour s’arrêter, on continue bêtement pendant des heures comme un automate et on finit par attraper des ampoules…

 

La troisième c’est de connaître les principaux commandements de nage. « Nagez tribord, nagez bâbord, nagez partout, dénagez (le contraire de nager, pas facile du tout), plantez (pour arrêter le bateau rapidement), à plat (pour se reposer, un de mes commandements préférés), laissez aller (à l’arrivée), en avant (pour préparer le départ), etc… » Et aussi la suite des entiers naturels de 1 à 2000, pour compter le nombre de coups de pelle entre le début de la série et la syncope !

 

La quatrième règle c’est de faire travailler tout le corps et d’ouvrir les épaules pour ne pas entendre de craquement dans les soubassements et ne pas se couper la respiration …

 

La cinquième règle c’est de faire ensemble, au risque de se répéter.

 





Si on se débrouille bien, on arrive à avancer vite, le sillage en témoigne et le GPS aussi (3,9 nds) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On comprend donc que le barreur est le seul qui ne soit pas en apnée prolongée pendant la séance et que c’est lui qui va s’exprimer à haute et intelligible voix. Il voit ce qui se passe devant

 

(C’est quand même appréciable, sauf pour le petit Alain (dit le Fendu) qui est obligé d’utiliser un périscope, mais il barre aussi droit que Momo alors on évite de lui donner le timon, mais je m’égare de quoi est-ce qu’on parlait-on ?).

 

C’est donc le barreur qui va donner l’ensemble des instructions relatives à la conduite du bateau. Ainsi à l’approche d’une bouée que l’on va laisser à tribord, l’enchaînement des commandements sera le suivant :

  • Attention tribord pour planter…

  • Plantez !

  • 1, 2, 3, (pour encourager les bâbordais qui continuent à nager comme des gabians en folie)

  • Tribord, dénagez ! (Les deux bancs nagent donc en sens inverse, ça fait pivoter le bateau)

  • à 3, tout le monde nage…

  • 1, 2, 3, nagez partout !

  • 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, etc.

 

Et c’est reparti jusqu’à la prochaine bouée ou le prochain bistrot…

 

Bien entendu, comme pour les grands skippers et les pilotes de Formule 1, il y a des bons barreurs et des très bons barreurs (les mauvais ont été passés par dessus bord). Chacun se distingue par sa maîtrise du virage, le rythme de ses encouragements, la qualité de son organe vocal, son répertoire de blagues marseillaises, sa connaissance approfondie des us et coutumes indigènes, voire la qualité de ses anecdotes et souvenirs sur différents lieux visités ou même les coins de pêche les plus infaillibles, le répertoire est vaste ! Le fait de se prénommer Momo évite de passer par-dessus bord.

 

 


 

 

 

 

Un équipage soudé, c’est ça ! Ils regardent vers l’avant pour une fois…

 



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