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Le blog des rameurs de Marseille

Le blog des rameurs de Marseille

Rame traditionnelle estaque


Rame convocation du 16 octobre 2010

Publié par Le Tchoa sur 14 Octobre 2010, 22:14pm

 

Chers Galériens

Chers Galeriennes

 

Y a des jours comme ça... Pour une fois je vais vous raconter la dure vie de certains de nos rameurs. Peuchère ! comme on dit à Marseille. Le voyant arriver sur le quai samedi dernier tout juste habillé, réveillé, il n'y avait pas plus qu'un quart heure, le spoutnik était là ! .Les bateaux étant déjà pourvus de leurs appendices, les avirons étaient fièrement dressés par notre capitaine, la barque était pleine à craquer les membrures. Mais qu'allons nous faire des garçons fraîchement arrivés sur le quai ? Les laisser là, à regarder le bateau partir comme dans un mauvais cauchemar. Non, le capitaine dans sa divine bonté désigna la Blatte comme vaisseau pour les deux retardataires.

 

La blatte, il faut que je vous explique, parce que si une personne hors de l'Estaque nous écoute, elle doit s'imaginer un insecte peu ragoûtant muni d'une multitude de pattes se cachant sous les meubles des maisons pas toujours bien propre. Non, ce n'est pas ça du tout, la blatte est une barque à fond très plat, faite sans doute plus, pour les marécages, que pour les océans. Deux personnes seulement peuvent y ramer avec chacune deux rames, voilà messieurs, dames ce qu'est la blatte …

 

Sur ceux, il y avait quand même deux problèmes :

Le premier c'est que cette yole étant excessivement légère ressemble plus à une savonnette qu'a une nef des océans. Son manque de quille, vu qu'elle est plate comme la bestiole, faisant le reste.

Le deuxième problème c'est qu'un des rameurs c'était moi …. Avec Bob le marin, mon avenir était assuré.

Comme à l'habitude, nous sortîmes les premiers sous l'œil vigilant du capitaine, la yole filait dans tous les sens mais elle avançait avec une célérité certaine. Quand nous attaquâmes la mer ce fut un peu plus dur, notre vertigineuse vitesse nous empêchait de voir où allait le bateau, il fallait se retourner sans cesse. Les pétroliers immobilisés dans la rade nous créant autant d'obstacles.

Nous tenions le navire amiral à bonne distance, notre cadence était régulière, nos muscles rutilants dégoulinaient de sueur transparente. Nous vîmes nos pauvres compagnons suer sang et eau pour ne pas être trop à la traîne, nos arabesques dans l'eau nous faisaient voir du paysage, le grand Momoramepasdroit avait du souci à se faire, la concurrence frappait à sa porte.

La mer était délicieuse, il faut dire que la blatte n'est pas bien haute sur l'eau. Nous vîmes nos pauvres compagnons exténués à forcer comme des damnés sortis de l’enfer pour déplacer les 700 kilogrammes du bateau. épuisés, ils s'arretèrent enfin.

Joyeux nous les rejoignîmes, comme pour les ensorceler, nous fîmes quelques tours de leur bloc de ciment flottant. Effectivement nous étions arrivés à notre but, leur donner un peu de notre vigueur pour les voir au moins rentrer au port avant midi. Nous sentîmes leurs sourires se crisper en rictus énervés, puis nous repartîmes nonchalamment, bob avait pris la cadence, celle des vainqueurs, sa mine décontractée faisait plaisir à voir. Nous tirâmes sur nos doubles avirons avec l’énergie du plaisir. La barque du capitaine nous suivait au loin. Quand nous rentrâmes dans la rade le bateau amiral disparu ! Au bout de longues minutes rien, nous décidâmes de continuer le vent commençait à se lever, la yole instable sur l'eau devenait moins métrisable.

Allons nous baigner, annonça bob ! Avec un large sourire d'enfant devant un énorme gâteau au chocolat derrière la vitre du pâtissier. Pourquoi pas ! Il plongea frais comme un gardon, histoire de se rafraîchir un peu dans cette eau limpide et tempérée. Je gardais la yole tellement légère qu'elle aurait pu retrouver le port sans notre précieuse aide mais il fallait rentrer, pour savoir ce qu'étaient devenus nos compagnons, le pire n'étant pas envisageable avec le capitaine il était bien quelque part, mais où ?

Nous allions accoster quand nous vîmes nos compagnons qui étaient déjà sur la berge, un large sourire aux lèvres. Le temps de manœuvrer, le capitaine lâcha une parole "tu crois pas que je vais arriver après toi !!!". Des éclats de rires fusèrent de tous cotés, nous comprîmes enfin leur tactique, rentrer au plus vite au port, sous les coups de butoir du maître pendant que nous étions à barboter dans les eaux transparentes de la digue.

 

Ça doit être ça l'âme des vainqueurs !

 

 

Ps) Je vous conseille d'aller les voir "les vainqueurs" pendant la coupe de france à droite dans l'album.

 

Avec le départ des bateaux à 9H15,

Fraternellement

Le Tchoa

 

 

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