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Le blog des rameurs de Marseille

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Rame traditionnelle estaque


Rame convocation du 29 janvier 2011

Publié par Le Tchoa sur 27 Janvier 2011, 22:38pm

 

Chers galériens,

Chères galériennes

 

Le froid était sec, mais le soleil présent ce samedi fit venir nombre de nos compagnons venus honorer nos barques. Nous sortîmes les deux embarcations. Pas facile avec des équipages hétéroclites d’équilibrer les yoles. Le capitaine trancha, il partirait avec les plus aguerris, Momobarpasdroit, ayant pour lourde tâche de conduire les moins expérimentés d'entre nous.

 

En fait cela n’était pas bien important, seul le plaisir d’être tous ensemble comptait, le soleil effaçant  toutes nos différences.

 

Nous étions bien couverts une petite brise légère mais glacée soufflait. La sortie du port se fit sans encombre, nous ramâmes pour nous réchauffer, tout doucement la yole de Momo ne sortant pas du port. Après quelque minutes enfin nous la vîmes, les rameurs donnant toutes leurs puissances, arrivaient à notre hauteur, le fait d'allonger notre rythme suffit pour les distancer. Alain le sourire en coin les regarda s’éloigner.

 

Il fallait ramer, habillé comme des oignons avec autant de pelures que ce cher légume. Nous ne transpirions même pas. La mer était là, belle et majestueuse comme à son habitude. Nos yeux de néophyte voyaient bien qu'à l’horizon les choses ne devaient pas se passer de la même manière, une forte houle était présente, forçant notre capitaine à la plus grande prudence. Des événements récents nous fîmes comprendre que devant une telle force il fallait rester humble. La yole de Momo était maintenant au loin, nos rames cadençant notre rythme. L'allure était bonne, les sourires sur tout les visages, chacun racontait la sienne comme à son habitude. La calanque de Figuerole pointa son nez, le temps s’était écoulé, il nous fallait faire déjà demi tour. Le soleil commençait à peine à nous réchauffer, le rythme régulier me fit partir dans des souvenirs, ceux la même qui vous font encore sourire même après des mois passés, je repensais à la première sortie de l'année, les mots remontaient à la surface de mon esprit comme le petit bouchon de pèche avant de ferrer le poison.

 

C’était aussi un samedi, nous sortîmes également les deux yoles. Momo barrait la première, tandis qu'un collégial de rameurs en concile avait décidé que le barreur allait tourner sur la deuxième barque.

 

Nous sortîmes également du port, le vent frais se faisait sentir avec sa vigueur hivernale. L’équipage de Momo prit rapidement le large, rapidement nous ne les vîmes plus. Quant à nous, nous avancions à la cadence d’un bon métronome suisse, histoire de nous réchauffer. Nous visitâmes tous les recoins du port, quand un valeureux, que dis-je, un brave arrangua l’équipage pour sortir malgré la forte houle qui se faisait entendre de l’autre coté de la digue. Le Bert (Robert) devant tant d’insistance de cette petite troupe se dirigea vers le grand large.

 

La houle était belle majestueuse, longue, creusant ces reins pour mieux nous accueillir, l’instant était féerique. Mais nous nous vîmes transportés dans un parc d’attraction sur le grand huit. Et hop un coup à gauche un coup à droite, nous évitâmes de justesse un looping, mais de peu. Le visage de l’équipage était l'indicateur exact de la mer, marron-vert.

 

Gilbert prit la barre, non pas par un coup de force, mais pour «faire tourner» comme je vous l’ai dit plus haut. Nous fîmes à la force du poignet plusieurs détours pour aller vers la droite, vers la gauche tout en revenant au même point ! Du grand art ce Gilbert, il pesta même contre la barre qui lui restait une fois sur deux dans les mains tel un bâton de CRS pendant une manifestation d'étudiants. Quand enfin elle prit place dans son logement, il donnait des coups si sec, qu’il nous faisait avancer à la godille.

 

Tiens cela nous rappelle quelques choses pensa si fort l’équipage …. Frénétiquement nous exécutâmes toutes les figures géométriques du plan cartésien. Fermant les yeux nous vîmes un sosie de Momo dans tout son grand art, mais non c’était Gilbert enfin ! Les doutes commençaient sérieusement à grandir dans nos esprits. Quelle similitude... Quand soudain l’unique goutte qui le toucha, le fît vociférer «c’est bon les gars, je suis une soupe ! » Si, vous avez bien lu c’était l’histoire d’une goutte ...

 

Là nous y étions, sans analyse ADN, sans confrontation en tous genres, nous avions la certitude MomoBarPasDroits avait un frère, un frère tant attendu, tant recherché, il était là sous nous yeux écarquillés, nous étions émus devant une telle rencontre.

 

GilbertLeFrere était de retour, nous avions les larmes aux yeux, la gorge nouée. Quand un grondement surgit de l'horizon avec les mots incompréhensibles sur le moment, mais parfaitement assimilés par le destinataire, «alors tu rames au lieu de rêver ! », le capitaine avait remis de l'ordre. Certes ma cadence avait un peu molli, mais la tête pleine de souvenir me laissait un goût que seul les familles qui se retrouvent peuvent donner. En bon marin, bien sûr, le rythme repris.

 

C'est au bar de la marine, que les deux compères fêtèrent leur retrouvailles., nous buvions leurs paroles, et le liquide précieux remplissant nos bocks, on ne rigole pas avec ses choses là !



 

Départ des bateaux à 9H15,

Fraternellement

Le Tchoa

 

 

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