Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le blog des rameurs de Marseille

Le blog des rameurs de Marseille

Rame traditionnelle estaque


Rame – convocation du 27 février 2010

Publié par Le Tchoa sur 25 Février 2010, 20:49pm


Chers Galériens
Chers Galériennes

Enfin la douceur du soleil revint sur notre petit port, illuminant les quais et les cœurs de mes compagnons. Même notre Capitaine avait l'humeur joyeuse avec un coin de sourire. C'est pour vous dire s'il faisait beau !

Quand notre barque fut armée nous nous rendîmes compte qu'il y avait plus de rameurs que de rames ! Le problème c'est qu'une yole à huit dames de nage ça n'existe pas à ma connaissance … que faire. C'est alors que surgit l'idée lumineuse d'Alain « allez on arme la blatte, qui vient avec moi ? » C'est là que chacun d'entre nous commença par regarder ses lacets pour détecter quelques éventuelles imperfections, ou certains eurent les yeux fixés sur les mouettes rieuses, qui chahutaient en nous voyant faire. C'est alors que le petit dernier, le nouveau, qui mea culpa n'avait pas été informé de « La Blatte » se porta volontaire, au grand étonnement mais aussi il faut le dire soulagement de mes compagnons.

Bien entendu nous le saluâmes comme il se devait, tel un pilote nippon durant la dernière guerre mondiale, il ne lui manquait qu'un bandana griffé de l'insigne du soleil levant.

Nous bûmes ses dernières paroles, affirmant qu'il aimait sa femme, ses enfants. Au fait je ne vous ai pas révélé le nom de ce soldat inconnu, félicité avec une verre de saké bien plein, c'était peut être le dernier qu'il but notre Robert.

Donc il y avait la barque à Momobarpasdroit et la blatte à la mer. Nous nous écartâmes un peu du bord pour laisser la place à cette minuscule embarcation, aussi légère que glissante sur l'eau. Malgré l'inquiétude de notre équipage, la blatte put sortir du port pour attaquer les digues, nous les surveillâmes de près, une catastrophe étant si vite arrivée. Vous vous en doutez, ce n'est pas par manque de confiance en notre capitaine, mais avec la fatigue de son coéquipier, nous pouvions craindre le pire. Malgré cela, il ramait sans discontinuer. Il faut vous dire mesdames et messieurs que la blatte est une barque un peu spéciale, en effet, elle n'a pas de gouvernail, elle n'a pas de quille non plus, ce qui la rend particulièrement glissante et sensible aux vents et pour couronner le tout, les deux rames se chevauchent.. Histoire de perdre les deux pouces, quand les rames mal tenues se rencontrent.

Enfin Alain était radieux, sur l'embarcation de son enfance, Robert concentré, plutôt bleu vert, je ne parle pas de couleurs de ses yeux mais du visage …

La chaloupe d'assistance était là toujours prête à intervenir au moindre signe, quand nous vîmes notre capitaine (Alain) tirer directement vers la plage de Corbières. Tous étions tout soulagé d'un tel trajet. Un aller retour à Corbières et puis hop c'est emballé la sortie terminée.

C'était sans compter sur la ténacité de cette petite yole. Ils voulaient prendre la mer ! Bien sûr nous connaissions notre capitaine, mais quand était- il de notre samouraï, de quel coté était le Wakizashi ? Ils filaient gaiement vers une mer tout juste, comme dirait un pécheur marseillais. L'eau était ridée comme une belle pomme à la fin de l'hiver. Ça y est ils étaient en pleine mer.

Momo comme à son habitude zigzaguait, ce qui pour l'occasion nous arrangeait. Nous pûmes suivre nos compagnons de plus près. C'est à ce moment que sa route dévia. Que se passait il ? Pourtant il tenait bien la barre, nous nous éloignâmes sensiblement de la côte, mais quel était son but, quel était sa tactique, Péter Black ce grand marin y aurait mangé sa casquette. Après quelques calculs de tangente elliptiques nous ne parvenions toujours pas à comprendre la trajectoire. Quand tout d'un coup mon œil fut attiré vers sa tenue, pas une goutte d'eau ni même quelques vapeurs, alors que nous étions trempés comme des soupes …. Une lumière éclaira mon cerveau désespérément vide. Nous étions devant le descendant de Momobarausec, le deuxième du nom. Tant d'archéologue l'eurent cherché tel le graal, souvent au péril de leurs vies et nous nous l'avions devant nous.

Momobarausec II, le phare à on disparu !

Pendant ce temps la blatte ne déblatérerait pas, elle filait joyeusement vers le quai, histoire de nous gratter la première place, que voulez vous, on ne peut pas changer notre capitaine ... Mais voulant les accueillir comme il se doit, nous faisons péter les tee shirts à tordre les rames quand le quai se fit sentir.

La blatte arriva, sous les hourra, les viva d'encouragement. Comment vous décrire une telle scène, le capitaine était rouge, Robert aussi avait repris des couleurs plus humaines. Les rames furent rangées, mais que se passait il ? Un héros de bande dessinée était parmi nous, Lucky Luke rangeait tranquillement les rames, quand il se retourna notre Robert nous souria.

Au nom du groupe, je tenais à féliciter Robert, sans peur et sans reproche, ne se laissant pas démonter, par la tâche, et aussi à notre capitaine Alain pour sa bravoure à affronter les océans avec la blatte en compagnie d'un mousse inexpérimenté mais courageux.

Le bar de l'amirauté nous attendait, Claude nous fit un exposé sur ses travaux d'archéologie du bâti ou même les bocks et les demis restèrent la bouche ouverte tant le discours était passionnant, nous avions l'impression que tout le bar l'écoutait quand il fallu réveiller Robert lui aussi parti sous d'autres latitudes ...

 


A samedi

Attention

9H15 précise.

Fraternellement
Le Tchoa

 


Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents