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Le blog des rameurs de Marseille

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Rame traditionnelle estaque


Rame convocation du 17 juillet 2010

Publié par Le Tchoa sur 15 Juillet 2010, 22:08pm

 

 

Chers Galériens

Chers Galériennes

 

Comme d'habitude, le samedi, notre embarcation fut armée de ses meilleurs coéquipiers triés sur le volet. Nous mimes les rames sur leur dame de nage qui nous servent habituellement à nous faire avancer …

 

La sortie du port fut royale, le soleil présent se jouait de nous avec sa douce chaleur d'un matin du mois de juillet. Le capitaine était souriant tout allait bien. Bizarrement, nous rencontrâmes que peu, de brise choses ... Avait-il lu l'article élogieux de votre dévoué de la semaine dernière, avait-il pris conscience des méfaits infligés à notre mer, la société britannique n'est-elle pas suffisante pour salir celle qui nous a vu naitre, grandir et qui nous nourrit depuis des millions d'années ? Personne pour nous retenir de ramer sereinement sur les océans, nous profitâmes donc, pour exprimer toute notre force, toute notre fougue pendant des heures qu'allait durer la sortie. A vrai dire le soleil était revenu d'un hiver bien long, décidé à briller dans l'azur mais nos pauvres tee shirts sous sa force, dégoulinaient. Mes les compagnons en avaient vu d'autre …

 

Soudain les coups de rames devenaient lourds … lourds ... Nôtre grand gourou devait nous hypnotiser ? Les gestes se faisaient de moins en moins vifs, la cadence n'était plus que celle d'une vielle horloge que le temps se pressait d'arrêter à la moindre défaillance. Dans ses conditions extrêmes, nous n'arriverions jamais sur notre calanque favorite avant le début d'après midi.

 

Tentant le pire, Alain fit une halte, voyant ses troupes anesthésiées. Mes compagnons lâchèrent les rames comme des sarments brulants pris à pleine main. L'idée lumineuse que peu de cerveaux terrestres arrivent à extraire de leur cortex sortie de notre capitaine qui eut une théorie lumineuse : il fallait rafraichir au plus vite ce moteur humain avant une rupture totale. Un plongeon dans l'onde s'imposa. Deux de nos compagnons au bord du trépas firent le saut. Les autres incapables de bouger restèrent sur leur ban de nage, en nage, incapable de remuer leurs lèvres, pour approuver ou désapprouver l'opération.

 

Les minutes passèrent quand nos deux compagnons réintégrèrent leur poste, le capitaine craignant le pire d'une voix tranquille, posée comme sont tous les sages tibétains nous dit «il faut rentrer». c'est là que les choses se compliquent réellement. Les rameurs ramaient, mais le bateau n'avançait pas, que se passait il ? une vilaine sirène rancunière nous retenait, les amis de Paul étaient ils appelés à la rescousse ? A vrai dire personne n'en savait rien, mais suivant les calculs scientifiques de notre pilote (d'avion) notre yole devait quand même se tirer de cette mauvaise passe. C'est là que nous comprîmes ce qu'endurèrent les soldats napoléoniens, durant leur retraite, marcher, ramer des heures durant sous la neige pour certains sous le soleil maintenant devenu brulant pour d'autres, nos pales effleuraient à peine la mer. Alain soucieux, discrètement se rapprocha du bord, des fois que notre barque stoppée dût être amarrée à un rocher, pour nous faire rentrer a pied ! Quel retraite mes amis, mais nous tenûrent bon, nos muscles paralysés sur les rames qui pourtant servaient habituellement à nous envoler, vous l'avez compris, ce serait pour une prochaine fois. Après deux longues heures, le clocher de l'église de l'Estaque se montrait donnant un peu plus de tempérament à nos grognards. Par chance nous perdîment personne.

 

Nous rentrâment les rames, évitant de croiser les regards du port. Les rames furent rangées à l'allure des films de science fiction modernes, où les personnages pour réaliser leurs pirouettes dans les air, mettent au moins 1 mn … problème, c'est pour nous ce fût une réalité.

 

Nous allâmes noyer notre dépit au bar de la marine, où la jolie serveuse, comme à son habitude, gaie et enjouée ne nous reconnaissait pas. Notre table silencieuse méditait comme des moines franciscains sortant d'une longue retraite.

 

Une faiblesse sans doute, le soleil sûrement, mais je vous en conjure plus jamais ça mes amis, Notre mère vaux mieux ...

 

A Samedi 9H15,

Fraternellement

Le Tchoa


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NGV 19/07/2010 12:56



Un seul mot pour qualifier ce compte-rendu : grandiose ! Et il y a des néologismes magnifiques, comme "ils tenurent", ça ça a vraiment de la gueule !



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