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Le blog des rameurs de Marseille

Le blog des rameurs de Marseille

Rame traditionnelle estaque


Rame convocation du 14 aout 2010

Publié par Le Tchoa sur 12 Août 2010, 20:52pm

 

 

Chers Galériens

Chers Galeriennes

 

Nous nous retrouvâmes ce samedi sur les quais de notre petit port favori. Les galériens des vacances étant toujours fidèles au poste. Notre capitaine dans une forme olympique, bronzé à souhait, nous exhortât pour la sortie des rames, qui vous le comprenez aisément, fut exécutée en moins d’une minute trente par notre petite troupe de marins.

 

Le bateau armé partit à la conquête des étendues liquides. Mais, amis lecteurs, pour l’instant, afin de recadrer la chronologie des événements, il nous fallut bien sortir du port, manœuvre simple pour des marins de notre trempe

 

Notre océan à nous, la méditerranée était là, d'un bleu clair étonnant parfois irisé de violet comme les yeux des jolies filles quand un vent câlin nous effleura les épaules. Les rameurs étaient aux anges, ce devait être comparable aux temps des sirènes de l’antiquité qui de leurs charmes amadouaient les marins pour les voir échouer sur les côtes ...

 

Il en fallut un peu plus pour dompter notre capitaine, buriné par tant d’années à naviguer.

 

La yole avait pris son rythme, Éole nous voyant dans un tel état d’extase, proche de la béatitude, décida de forcir pour nous éprouver. C’était un face à face inégal, certes, mais honnête. Le bateau devint silencieux, les muscles tendus devant cet effort prolongé, tel les marathoniens de la Grèce antique, nous ramâmes, sans plier. Effectivement il faut vous l’avouer, la yole n’avançait pas beaucoup, mais nous pûmes enfin arriver jusqu'à la plage de Corbières. Le capitaine avait beau haranguer les marins présents, la besogne était âpre, les minutes étaient longues, le temps semblait être arrêté sur notre microcosme. Mais c’était sans compter sur notre force et notre ténacité. L’abnégation de soi étant un principe de vie, nous arrivâmes à la vesse, qui pour ceux qui ne connaissent pas les lieux est quand même bien plus loin que la plage où nous faillîmes accoster pour recharger nos provisions. L’eau commençait à manquer à bord, les marins devinrent tendus par tant de sécheresse. Heureusement qu’une bouteille perdue dans un des sacs fit l’affaire de tous ces assoiffés.

 

Après une courte pause, il fallait rentrer, effectivement je dois l’avouer ce fut plus facile, le vent soufflant toujours dans le même sans (nous n’avions pas changé d’hémisphère), sa force douce et légère nous poussait allégrement, le sourire revint aux lèvres de notre capitaine. L’allégresse régnait maintenant à bord C’est là que l’impensable se produit, le capitaine qui nous avait habitué à suivre des lignes droites, au centième de degrés d’angles près commença par zigzaguer. Un coup à droite, un coup à gauche, les rameurs éberlués s’étaient pris au jeu. Le bateau filait à vive allure dans ces figures elliptiques qui bien qu’étonnantes avaient mis de l’allégresse à bord. Nous continuâmes par des séries de vingt cinq pour que notre bateau rentra triomphalement au port, comme les baleiniers du siècle dernier après une année de campagne.

 

D’un geste royal, grand, je devrais dire, notre capitaine décida de jeter l’encre, juste à notre emplacement….

 

Les grands capitaines de flotte se remarquent par leur capacité à motiver leurs marins dans les moments difficiles, nous en avions eu un exemple.

 

 

ps) si vous entendez le bruit des mouettes en vous rapprochant de l'écran, ce n'est pas une hallucination ...

 

 

Samedi, départ des bateaux 9H15,

Fraternellement

Le Tchoa

 

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